EMAPE : LE TOURNANT DU DEVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE DE L’OUEST ET AU SAHEL

EMAPE : LE TOURNANT DU DEVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE DE L’OUEST ET AU SAHEL

Du 2 au 4 juin 2025, Accra (Ghana) a accueilli deux événements majeurs consacrés à l’avenir du secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) en Afrique de l’Ouest et au Sahel :

  1. Le Sommet Mining in Motion (MIM), placé sous le haut patronage du roi Otumfuo Osei Tutu II et organisé par l’Ashanti Green Initiative, en partenariat avec le ministère ghanéen des Terres et Ressources naturelles, la Banque mondiale et le World Gold Council ;
  2. L’atelier régional d’apprentissage sur l’EMAPE, conduit dans le cadre du Partenariat multipartite pour un développement durable de l’EMAPE (MSPI), porté par la Banque mondiale et le Conseil mondial de l’or.

Ces événements ont réuni une diversité d’acteurs – chef d’État, ministres, autorités traditionnelles, experts, artisans miniers, techniciens des mines, représentants communautaires, entreprises minières, ONG, institutions financières – pour échanger sur les enjeux de l’EMAPE et identifier des solutions concrètes en faveur d’une exploitation plus durable, inclusive et régulée.

Le président ghanéen John Mahama a ouvert le sommet en appelant à une réforme structurelle du secteur pour bâtir des économies plus résilientes et équitables. Il a souligné que l’Afrique, riche en ressources stratégiques comme l’or, le lithium ou la bauxite, doit aller au-delà de l’extraction brute pour construire des chaînes de valeur locales, formaliser l’artisanat minier et renforcer la participation citoyenne.

Les sessions ont abordé des thématiques clés : formalisation de l’EMAPE, transparence, conflits fonciers, traçabilité de l’or, blanchiment d’argent, contrebande, déficits de formation, et régulation insuffisante. Les défis de gouvernance, de sécurité et de durabilité ont été largement discutés, illustrant la complexité mais aussi le potentiel de transformation de l’EMAPE.

  1. Constat partagé : vulnérabilités et potentiel

Les débats ont révélé des défis persistants :

  • Exploitation anarchique des ressources
  • Exposition accrue des femmes, jeunes et enfants
  • Flux financiers illicites, blanchiment, financement des conflits, dĂ©gradation environnementale
  • Manque d’accès aux marchĂ©s, aux financements et faible structuration
  • Contribution limitĂ©e de l’EMAPE au dĂ©veloppement local.

 Malgré cela, l’EMAPE représente un levier majeur de lutte contre la pauvreté, de création d’emplois et de paix locale si elle est mieux encadrée.

  1. Réformes nationales : des initiatives encourageantes

Plusieurs pays ont partagé leurs avancées :

  • Ghana : Green Minerals Policy, rĂ©glementation locale, traçabilitĂ©.
  • Burkina Faso : SONASP pour encadrer l’or artisanal.
  • Liberia : digitalisation et transparence.
  • Malawi : diversification minière, responsabilitĂ© sociale.
  • CĂ´te d’Ivoire : modèle SODEMI.
  • Mali : projet de confĂ©dĂ©ration des coopĂ©ratives minières.

Ces efforts illustrent une dynamique vers une gouvernance plus efficace et locale du secteur.

  1. Solutions proposées par le MSPI

L’atelier du 4 juin a permis de mettre en avant trois leviers d’action portés par le Partenariat MSPI :

Gouvernance et coordination

  • Cadres multipartites de dialogue
  • formalisation des acteurs
  • Implication des services gĂ©ologiques
  • DonnĂ©es stratĂ©giques pour la planification.

Traçabilité et bonnes pratiques

  • Diligence raisonnable (OCDE), code CRAFT
  • Technologies propres et numĂ©rique
  • Soutien actif des grandes entreprises.

Inclusion et développement local

  • Formation des mineurs, notamment des femmes (transformation, bijouterie)
  • CoopĂ©ratives et rĂ©seaux fĂ©minins (ex : AWIMA)
  • Normes HSE et rĂ©habilitation intĂ©grĂ©es aux pratiques.

 4. Appels à l’action

Plusieurs recommandations fortes ont émergé :

  • Renforcer l’appui aux pays pilotes pour en faire des modèles continentaux ;
  • PrivilĂ©gier la formation, l’encadrement et le dialogue communautaire, plutĂ´t que la rĂ©pression ;
  • Investir dans la transformation locale pour crĂ©er des chaĂ®nes de valeur rĂ©gionales ;
  • Harmoniser les politiques minières rĂ©gionales pour renforcer la cohĂ©rence du secteur.

Le Sommet MIM 2025 et l’atelier MSPI ont démontré que l’EMAPE peut devenir un secteur structuré, inclusif et durable. La formalisation n’est pas une option, mais une condition pour une exploitation équitable et régulée. Passons à l’action collective !

L’AFEMIB remercie IGF pour avoir facilité sa participation et réaffirme sa disponibilité à contribuer activement à l’évolution positive de ce sous-secteur.

✍Mme KABRE

Renforcement des capacités de 100  femmes en technique de transformation et conservation de légumes à Réo

Renforcement des capacités de 100 femmes en technique de transformation et conservation de légumes à Réo

Dans le cadre de la mise en Ĺ“uvre du projet « Promouvoir l’Ă©galitĂ© des genres et l’inclusion sociale des femmes et des filles dans les communautĂ©s minières artisanales et Ă  petite Ă©chelle des rĂ©gions du Centre-Ouest et du Plateau Central du Burkina Faso, Ă  travers la sensibilisation, le plaidoyer et le renforcement des capacitĂ©s Ă©conomiques de 200 femmes et jeunes filles », le consortium ARM/AFEMIB a lancĂ©, le 20 janvier 2025 Ă  RĂ©o, la dernière activitĂ© du projet. Cette activitĂ© consiste en deux formations complètes sur le dĂ©veloppement d’activitĂ©s vertes gĂ©nĂ©ratrices de revenus et sur la gestion financière et stratĂ©gie de commercialisation, au bĂ©nĂ©fice de 100 femmes artisanes minières des sites de BĂ©poidyr et de Guido. Le projet est financĂ© par le FCIL/Ambassade du Canada au Burkina Faso.

L’objectif est de renforcer les capacités techniques, financières et entrepreneuriales des bénéficiaires en vue de leur autonomisation économique.

La Cérémonie de Remise de Kits  

L’activité a démarré par la cérémonie de remise de kits de transformation et de conservation des légumes, organisée à la mairie de Réo. C’est Monsieur le Président de la Délégation Spéciale (PDS) de la commune qui a présidé la cérémonie, ponctuée par trois interventions notables :

Les responsables du consortium ont tout d’abord exprimĂ© leur gratitude aux autoritĂ©s locales et aux bĂ©nĂ©ficiaires pour leur soutien et leur implication active dans le projet. Ils ont rappelĂ© l’objectif gĂ©nĂ©ral du projet qui est de contribuer Ă  la promotion de l’Ă©galitĂ© des genres et l’inclusion sociale dans des communautĂ©s minières artisanales en rĂ©duisant les disparitĂ©s entre les sexes et en favorisant la participation Ă©quitable de tous les groupes, en particulier des femmes et des filles. Les acteurs ont Ă©tĂ© invitĂ© Ă  travailler davantage pour rehausser le niveau de vie Ă©conomique des bĂ©nĂ©ficiaires.

Ensuite, le reprĂ©sentant des bĂ©nĂ©ficiaires, Ă©galement responsable des Artisans Miniers de BĂ©poidyr, a adressĂ© ses remerciements aux autoritĂ©s locales, en particulier au PDS, pour son leadership et son engagement pour le dĂ©veloppement local. Il a saluĂ© la pertinence de l’initiative qui aide Ă  rĂ©soudre le problème de la pourriture des fruits et lĂ©gumes dans la rĂ©gion de RĂ©o. Il a Ă©galement insistĂ© sur l’importance d’offrir des compĂ©tences pratiques aux femmes, plutĂ´t que de leur fournir simplement une aide alimentaire.

Enfin, le PDS a exprimĂ© sa gratitude au consortium et Ă  l’Ambassade du Canada pour leur soutien constant au dĂ©veloppement local. Il a soulignĂ© que cette initiative s’intègre parfaitement dans la dynamique de dĂ©veloppement initiĂ©e par la politique du PrĂ©sident du Faso, en mettant l’accent sur la transformation des produits agricoles, comme en tĂ©moignent les usines rĂ©centes de transformation de tomates. Il a encouragĂ© les bĂ©nĂ©ficiaires Ă  s’approprier les formations et Ă©quipements fournis et Ă  mettre en pratique leurs nouvelles compĂ©tences pour contribuer Ă  l’amĂ©lioration des conditions de vie locales.

Dotation en équipements et formation pratique

Les kits remis aux bénéficiaires comprennent des marmites, fours de séchage, foyers, bouteilles de gaz, mixeurs, bocaux, sel, et autres matériels nécessaires à la transformation des légumes en purée, poudre et autres produits dérivés.

La formation, animĂ©e par Mme TRAORÉ LINGANI Asseto, formatrice en agroalimentaire, se dĂ©roulera sur trois jours par site et alliera thĂ©orie et pratique. Pendant cette pĂ©riode, les participantes apprendront diverses techniques de conservation et de transformation des fruits et lĂ©gumes. La formation a dĂ©butĂ© par la transformation de la tomate, de l’oignon et de l’ail en poudre sur le site de Guido, suivi de celui de Bepoidyr. Ce sont donc 50 femmes par site qui ont activement pris part aux travaux. Ces femmes ont exprimĂ© leur dĂ©sir d’acquĂ©rir de nouvelles compĂ©tences et d’utiliser ces nouvelles techniques pour amĂ©liorer leurs conditions de vie.

Les femmes bénéficiaires ont également été formées sur la gestion financière et la stratégie commerciale pour améliorer leur autonomie économique. Ces compétences sont essentielles pour les aider à gérer efficacement leurs activités génératrices de revenus et à maximiser leur impact économique.

Détails de la formation : Techniques de transformation et conservation

Les femmes ont appris à valoriser les légumes locaux tels que tomates, oignons, ail, haricots verts, carottes et aubergines sauvages. La formation couvre plusieurs aspects importants de la transformation et de la conservation des produits :

  • Hygiène : L’accent est mis sur un espace de travail propre, le port de foulards, gants alimentaires et tabliers, ainsi que le lavage rigoureux des mains avant la manipulation des lĂ©gumes.
  • MatĂ©riel nĂ©cessaire : Le matĂ©riel de base tel que des mixeurs, couteaux, seaux, tamis, marmites, sĂ©choir, et eau potable est introduit.
  • Nettoyage et stĂ©rilisation des bouteilles : Des techniques sont expliquĂ©es pour dĂ©sinfecter correctement les contenants avant l’emballage des produits.
  • Techniques de transformation : Les participantes apprennent Ă  prĂ©parer et conserver les tomates en purĂ©e, en pâte, ou en sauce assaisonnĂ©e, tout en abordant diffĂ©rentes mĂ©thodes de conservation comme la dĂ©shydratation.

Résultats Attendus : bien être des femmes et autonomisation économique des femmes

Avec la formation dispensĂ©e et les kits reçus, les bĂ©nĂ©ficiaires pourront dĂ©sormais transformer et conserver les lĂ©gumes, ce qui leur permettra de gĂ©nĂ©rer des revenus supplĂ©mentaires et de rĂ©duire les pertes alimentaires. Cette initiative fait partie des efforts continus pour promouvoir l’autonomisation Ă©conomique des femmes, particulièrement celles vivant dans des zones rurales et minières, souvent exclues des principales chaĂ®nes de valeur.

Un Projet porteur d’espoir pour l’avenir

Ce projet constitue une Ă©tape majeure vers l’autonomisation Ă©conomique des femmes dans les communautĂ©s minières artisanales du Burkina Faso. Il soutient non seulement l’inclusion sociale et Ă©conomique des femmes mais contribue aussi Ă  un modèle de dĂ©veloppement durable. Grâce Ă  la formation pratique et Ă  la dotation en Ă©quipements, ces femmes seront dĂ©sormais mieux armĂ©es pour lutter contre les pertes de produits agricoles et amĂ©liorer leurs conditions de vie, tout en contribuant au dĂ©veloppement local de leurs communautĂ©s.

 

Dissémination du rapport ITIE-BF 2022 : Informer pour une meilleure gouvernance du secteur extractif

Dissémination du rapport ITIE-BF 2022 : Informer pour une meilleure gouvernance du secteur extractif

Le 9 décembre 2024, un atelier de dissémination du 14ème rapport ITIE-BF 2022 s’est tenu dans la salle de réunion de la mairie de Zorgho, organisé par le comité de pilotage (copil) ITIE-BF. L’équipe de mission est composée des représentants du SP ITIE, du copil (Administration publique : DGMG, DGCM, ANEVE), des sociétés minières (CMB), des organisations de la société civile (AFEMIB). L’objectif principal était de partager les informations du rapport ITIE 2022 avec les populations locales, conformément à la Norme ITIE. Une cinquantaine de participants issus de divers horizons étaient présents : autorités communales, services techniques déconcentrés, chefferie traditionnelle, OSC, personnes vivant en situation de handicap et personnes ressources.

Dans une démarche visant à garantir la transparence dans la gouvernance du secteur extractif, ce 14ᵉ rapport ITIE-BF a été produit. Pour faciliter sa compréhension par les citoyens burkinabés, il a été simplifié en français accessible afin d’être diffusé dans les régions, provinces et communes.

Les travaux de l’atelier ont été ouverts par Monsieur Valentin BADOLO, président de la délégation spéciale de la commune de Zorgho, qui a encouragé des échanges francs et constructifs.

Les participants ont assisté à trois communications.

La première communication  a porté sur les origines, les objectifs et l’organisation institutionnelle de l’ITIE, présentée par M. Drissa Konaté, responsable de la Cellule du contrôle interne et du suivi-évaluation du SP ITIE. Il a expliqué que le contexte géologique du Burkina Faso révèle un potentiel varié et important de ressources naturelles à travers le pays, nécessitant une gouvernance adéquate. C’est dans ce cadre que le Burkina Faso a adhéré, en 2008, à la norme internationale Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), une association à but non lucratif de droit norvégien, visant à établir des principes et exigences de transparence reconnus mondialement dans les secteurs du pétrole, du gaz et des mines.

Pour assurer cette transparence, un Secrétariat Permanent (SP-ITIE-BF) a été créé en guise d’organe d’exécution administrative et technique, chargé de coordonner les activités relatives à la transparence des industries extractives au niveau national. Un comité de pilotage (COPIL), composé de 25 membres issus de trois collèges (administration publique, entreprises extractives et société civile, incluant l’AFEMIB), a également été mis en place. Sa mission est d’assurer la mise en œuvre et le suivi de la norme ITIE, tout en publiant régulièrement les données sur les recettes issues de l’exploitation des ressources extractives et les paiements effectués par les sociétés minières à l’État.

La deuxième communication, présentée par Mme ZONGO Priscille, Directrice Exécutive de la Chambre des Mines du Burkina (CMB), portait sur les leviers pour renforcer la contribution du secteur minier à l’économie nationale et locale. La CMB, créée en 2011, vise à promouvoir un secteur minier attractif et compétitif.

Cinq leviers majeurs ont été identifiés :

  1. Respect des obligations fiscales.
  2. Développement du capital humain et transfert des compétences.
  3. Promotion des investissements communautaires à travers des contributions significatives des minières par le FMDL (200 milliards FCFA depuis l’institution du fonds) et en RSE (18 milliards FCFA entre 2016 et 2020).
  4. Soutien Ă  la fourniture de biens et services locaux.
  5. Encouragement des investissements nationaux dans les mines, avec des initiatives telles que 3 mines industrielles détenues par des Burkinabè et des mines semi-mécanisées.

Elle a relevé quelques défis : amélioration de la transparence dans l’utilisation des revenus miniers, adaptation des formations aux besoins spécifiques du secteur, intégration des stages pratiques, et la meilleure valorisation du potentiel minier burkinabé.

La troisième communication a porté sur la présentation du rapport ITIE 2022, livrée par Monsieur Lamoussa Barthélémy OUEDRAOGO, Chef du Département de la norme au SP ITIE-BF. Le rapport ITIE 2022, 14ème du genre, a été élaboré de manière participative, suivant 5 phases principales selon le contenu des TDR adoptés par le copil ITIE-BF pour le recrutement de l’Administrateur indépendant :

  1. Rapport de cadrage, adopté le 6 novembre 2023 par le copil.
  2. Planification et sensibilisation des acteurs concernés à travers un atelier du 22 au 27 janvier 2024.
  3. Collecte des données auprès des sociétés et services étatiques concernés.
  4. Conciliation à travers l’analyse des éventuels écarts et recommandation du 5-7 juin 2024.
  5. finalisation du rapport et son adoption le 11 novembre 2024 par le copil et sa publication en décembre 2024 sur le site de l’ITIE-BF (https://www.itie-bf.bf/ ).

Il a couvert les revenus de l’or et des carrières de janvier à décembre 2022, incluant les flux du Code minier, la fiscalité générale (au-delà de 10 millions FCFA), les prestations publiques, les revenus de capitaux, ainsi que les paiements sociaux, environnementaux et de troc. Il a intégré les entreprises minières dont les contributions dépassent 800 millions FCFA, soit 17 sociétés, et s’est appuyé sur les données de 19 entités publiques. Le rapprochement des paiements a été effectué sur la base du périmètre arrêté par le copil ITIE. L’exercice de rapprochement a permis de couvrir 98,64% du total des revenus extractifs reportés par l’État.

Quelques chiffres clés de l’année 2022 rapporté dans le rapport ITIE-BF

  • Paiement total des 17 sociĂ©tĂ©s:  453,519 milliards FCFA.
  • Revenus nets gĂ©nĂ©rĂ©s par le secteur extractif y compris les sous-traitants miniers: 588,57 milliards FCFA
  • Revenus totaux collectĂ©s auprès des sous-traitants miniers: 102,132 milliards.
  • Patente collectĂ©e :  7 179 493 027 FCFA
  • FMDL versĂ©s par les minières : 48 006 564 529 FCFA. Le montant transfĂ©rĂ© aux communes et rĂ©gions en 2022 est de 47 604 720 308 FCFA
  • Taxes superficiaires payĂ©es par les sociĂ©tĂ©s minières : 11 333 342 147 FCFA
  • 09 sociĂ©tĂ©s minières sur les 17, ont versĂ© leur contribution au FRFM dans le compte BCEAO : 10 366 107 607 F CFA
  • Transfert au titre du Fonds de financement de la recherche gĂ©ologique et minière et de soutien Ă  la formation sur les sciences de la terre dont le FONER : 18 963 964 171 FCFA
  • Sur 17 sociĂ©tĂ©s retenues, seules 6 ont renseignĂ© le formulaire relatif au paiements effectuĂ©s aux fournisseurs locaux qui est de 385 819 778 782 FCFA dont une part de 87,69% pour les entreprises nationales
  • Paiements sociaux obligatoires versĂ©es par les minières : 27,443 milliards FCFA
  • Paiements sociaux volontaires (RSE) versĂ©es par les minières : 1,234 milliards FCFA.

Production d’or en 2022 : La quantité totale d’or produite en 2022 est de 58,16 tonnes avec une exportation de 57,729 tonnes.

Contribution du secteur dans l’économie

  • contribution aux recettes de l’Etat : 469 milliards FCFA, soit 20,9%
  • contribution du secteur minier au PIB : 1 707,30 milliards FCFA soit 14,5%

Situation des emplois directs : Sur les 17 sociétés minières retenues, 14 ont déclaré le détail de leurs employés qui s’élèvent à  9 943 personnes en 2022 dont 95,48% sont de nationalité burkinabè. Les femmes représentent 9,73% des effectifs.

Les débats ont été ouverts après les présentations. Les discussions ont fait ressortir les préoccupations suivantes des participants, qui ont trouvé des réponses fournies par l’équipe de mission, soutenues par certaines personnes ressources :

  • Combien de pays ont adhĂ©rĂ© Ă  l’ITIE ?
  • Quelles raisons ont poussĂ© certaines compagnies minières Ă  ne pas fournir leurs donnĂ©es sollicitĂ©es dans le cadre de l’élaboration du rapport ITIE ?
  • Quelles actions la CMB entreprend-elle pour que les mines amĂ©nagent les routes ?
  • Quel est le lien entre la « malĂ©diction des ressources naturelles » et la mauvaise gestion des ressources ?
  • En quoi l’existence des mines a-t-elle amĂ©liorĂ© la vie des citoyens ? Pourquoi observe-t-on encore des conflits dans les zones minières ?
  • Pourquoi le rapport ne met-il pas davantage en lumière les enjeux pour mieux informer les populations au lieu de s’attarder sur ses origines ?
  • Concernant la sous-traitance, pourquoi y a-t-il autant d’intermĂ©diaires, rendant les revenus des employĂ©s insuffisants ?
  • Qu’en est-il de l’initiative « Burkina Mine » qui invite Ă  des souscriptions pour la mise en place d’une mine par des Burkinabè ?
  • Pourquoi exiger trois ans d’expĂ©rience lors du recrutement, ce qui exclut souvent les jeunes formĂ©s localement ?
  • Quels mĂ©canismes sont mis en place dans les communes minières pour assurer le suivi et la gestion des revenus miniers ?
  • Quelles mesures prend l’ITIE lorsqu’elle constate des irrĂ©gularitĂ©s dans la gestion des revenus miniers ?
  • Pourquoi le mode de recrutement des mines limite-t-il l’embauche des jeunes locaux dans les villages concernĂ©s ?

L’atelier de dissĂ©mination du 14ᵉ rapport ITIE-BF 2022 illustre l’importance cruciale d’informer les citoyens sur la gouvernance du secteur extractif. La transparence et la vulgarisation des donnĂ©es renforcent la comprĂ©hension et l’implication des communautĂ©s dans la gestion des ressources naturelles. Susciter le dĂ©bat public permet de mieux cerner les attentes locales, d’amĂ©liorer la reddition de comptes et d’encourager une gouvernance plus inclusive et Ă©quitable, favorisant ainsi le dĂ©veloppement durable au Burkina Faso.

MIASA et gouvernance minière : Une alliance entre universités, chercheurs pour le développement durable

MIASA et gouvernance minière : Une alliance entre universités, chercheurs pour le développement durable

Le Merian Institute for Advanced Studies in Accra (MIASA) a organisé les 27 et 28 novembre 2024, une conférence sur le thème de la durabilité dans le secteur minier en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre, tenue à l’Université du Ghana, a rassemblé une soixantaine de participants, incluant des professeurs d’universités, chercheurs, représentants d’organisations de la société civile (OSC), et experts économiques, sociaux et politiques venus d’Afrique (Burkina Faso, Guinée, Sénégal, Ghana) et d’Europe (Allemagne, France, Suisse, Suède). L’objectif principal était d’explorer les dimensions de la durabilité dans le système mondial d’exploitation des ressources, avec un accent particulier sur l’EMAPE en Afrique de l’Ouest, tout en contribuant aux Objectifs de Développement Durable (ODD).

Déroulement de la conférence  : La conférence a été structurée autour de panels, de tables rondes, de la projection d’un film sur la mine de Kalsaka au Burkina Faso, et d’une visite d’un site minier semi-mécanisé dans l’est du Ghana. Ces activités ont mis en lumière les multiples défis de l’exploitation minière, qu’elle soit artisanale ou industrielle. Parmi les problématiques abordées figuraient :

  • La gouvernance des ressources minières,
  • Les impacts environnementaux, Ă©conomiques et sociaux,
  • Les enjeux règlementaires et le commerce illicite de l’or.

Le film de Michel Zongo sur Kalsaka Mining a révélé les conséquences désastreuses d’une fermeture non réhabilitée d’une mine au Burkina Faso. Il a exposé des fosses ouvertes, des bassins de cyanure contaminant les sols et les nappes phréatiques, et l’absence de compensation équitable pour les populations locales. Cette situation illustre l’inefficacité des mécanismes de gestion des sites miniers abandonnés et soulève des questions sur la durabilité économique et écologique post-exploitation.

La visite Ă  Kibi Gold Field, dans l’Est du Ghana, a permis aux participants de dĂ©couvrir un exemple de transition rĂ©ussie d’une exploitation artisanale vers une mine semi-mĂ©canisĂ©e de taille moyenne. L’entreprise se distingue par ses efforts en rĂ©habilitation environnementale, incluant le reboisement et la restitution des terres rĂ©habilitĂ©es aux communautĂ©s locales, ainsi que par l’utilisation de techniques Ă©cologiques telles que des sluices gravimĂ©triques sans produits chimiques. MalgrĂ© un effectif de 260 employĂ©s, avec seulement 5 % de femmes, la mine tente d’inclure leurs prĂ©occupations dans les infrastructures sociales et les compensations, bien qu’aucun mĂ©canisme spĂ©cifique ne soit en place. Les dĂ©fis persistent, notamment la cohabitation avec des exploitants illĂ©gaux et des conflits fonciers, mais la mine affiche une ambition d’expansion et de durabilitĂ© dans ses activitĂ©s.

Défis liés à l’exploitation minière en Afrique de l’Ouest

Exploitation artisanale et illégale : le cas des galamsey : Le phénomène des galamsey (exploitation artisanale illégale) au Ghana et dans les autres pays de l’Afrique de l’Ouest (Burkina, Mali, Senegal,..) incarne un dilemme majeur : faut-il interdire ou encadrer ces activités en Afrique de l’Ouest ? Une interdiction pure et simple pourrait protéger l’environnement mais marginaliserait des millions de personnes vivant de cette activité, risquant d’exacerber les tensions sociales et les pratiques clandestines. Une approche pragmatique privilégierait un encadrement strict, permettant de formaliser davantage l’exploitation, d’introduire des normes environnementales, d’améliorer les conditions de travail et de générer des revenus pour l’État. Cette démarche s’inscrit dans une vision de développement durable qui protège les communautés tout en préservant l’environnement.

Gouvernance minière et durabilité : La mauvaise gouvernance reste un frein majeur à la durabilité dans le secteur extractif. En Afrique de l’Ouest, les impacts négatifs de l’exploitation minière incluent :

  • Une faible application des textes règlementant les normes environnementales, entraĂ®nant une dĂ©gradation des Ă©cosystèmes et des pollutions sĂ©vères.
  • Une redistribution inĂ©quitable des revenus miniers.
  • Le dĂ©placement forcĂ© des populations locales, aggravant leur prĂ©caritĂ©.
  • L’exclusion des femmes et des jeunes des chaĂ®nes de valeur minières, limitant le dĂ©veloppement inclusif.
  • Une absence de stratĂ©gies claires pour une transition post-minière, compromettant l’hĂ©ritage pour les gĂ©nĂ©rations futures.

Ces défis interrogent la viabilité de l’exploitation minière intensive, poussant certains participants à proposer une pause ou une meilleure régulation pour protéger les ressources et les communautés.

Rôles et responsabilités des acteurs : Les discussions ont conduit les participants à déduire que tous les acteurs du secteur extractif partagent une part de responsabilité dans les défis actuels :

  • États : Faiblesse des rĂ©gulations et manque de volontĂ© politique pour encadrer les exploitations artisanales. Les gouvernements peinent Ă©galement Ă  sensibiliser et soutenir les artisans miniers dans des dĂ©marches formalisĂ©es.
  • Compagnies minières industrielles : Leur faible contribution au dĂ©veloppement socio-Ă©conomique local contraste avec les profits rĂ©alisĂ©s, et elles nĂ©gligent souvent la rĂ©habilitation progressive des sites exploitĂ©s.
  • CommunautĂ©s locales : VulnĂ©rabilitĂ© accentuĂ©e par l’ignorance des lois, l’analphabĂ©tisme et une mobilisation limitĂ©e face aux abus des industries minières.
  • OSC et ONG : Insuffisance des actions de sensibilisation et d’accompagnement des communautĂ©s affectĂ©es, avec parfois des manipulations qui alimentent des conflits ; manipulation des communautĂ©s…
  • Chercheurs : insuffisance de communication sur les produits de leurs travaux et leurs solutions innovantes pour une exploitation durable.
  • Institutions internationales : Soutien insuffisant aux populations et artisans miniers, ainsi qu’à la structuration des secteurs artisanaux.

Recommandations clés

  • Renforcer la gouvernance minière en Afrique : respecter simplement les lois, simplifier les procĂ©dures d’octroi de permis pour les artisans miniers, et intĂ©grer davantage les chercheurs dans l’élaboration des politiques publiques.
  • Encadrer l’exploitation artisanale : Mettre des programme de formalisation du sous-secteur artisanal pour en limiter les impacts nĂ©gatifs et amĂ©liorer les conditions de travail. Cela inclut la crĂ©ation d’espaces dĂ©diĂ©s et le soutien financier des bailleurs.
  • AmĂ©liorer les pratiques environnementales : Introduire des technologies minières sans mercure, mettre en Ĺ“uvre des programmes de reboisement, et instaurer des mĂ©canismes d’assainissement des cours d’eau.
  • Promouvoir l’inclusion sociale : Renforcer la participation des femmes et des jeunes dans les chaĂ®nes de valeur minières, tout en sensibilisant les communautĂ©s Ă  leurs droits et devoirs.
  • Soutenir la recherche : Encourager la diffusion et l’utilisation des rĂ©sultats de recherches pour orienter le secteur extractif vers des pratiques durables.
  • Partager les bonnes pratiques : CrĂ©er des mĂ©canismes de partage des connaissances et des expĂ©riences rĂ©ussies entre pays et acteurs.

Conclusion : L’exploitation minière en Afrique de l’Ouest, qu’elle soit artisanale ou industrielle, joue un rôle clé dans le développement économique des régions concernées, notamment en termes d’emploi et de revenus pour les communautés locales. Cependant, les défis liés à la durabilité environnementale, sociale et économique restent importants.

Les impacts négatifs – destruction des terres agricoles, pollution des eaux, absence de réhabilitation des sites miniers – compromettent l’avenir des populations locales. L’absence d’alternatives économiques viables aggrave cette situation, nécessitant une approche plus inclusive et durable pour maximiser les bénéfices des activités minières tout en minimisant leurs conséquences négatives.

L’intégration de solutions innovantes, soutenues par des politiques inclusives et des partenariats entre États, chercheurs, OSC, et institutions internationales, est essentielle pour garantir un avenir durable au secteur extractif en Afrique de l’Ouest.

QUELQUES IMAGES

EXPLORATION DES BONNES PRATIQUES MINIERES : AGC REUNIT LES ACTEURS SUR LE SITE SEMI MECANISE DE LA SOCIETE DES MINES DU FASO (SOMIF) DANS LE IOBA

EXPLORATION DES BONNES PRATIQUES MINIERES : AGC REUNIT LES ACTEURS SUR LE SITE SEMI MECANISE DE LA SOCIETE DES MINES DU FASO (SOMIF) DANS LE IOBA

Le 23 octobre 2024, la délégation a poursuivi son voyage d’immersion sur le site semi-mécanisé de la Société des Mines du Faso (SOMIF), situé dans la commune de Guegueré. Ce site, d’une superficie de 1 km², est bien équipé en matériels et des équipements miniers.

Monsieur MAIGA Daouda, représentant d’AGC, a introduit la délégation et a donné la parole aux responsables présents. Le représentant de la société, El Hadj Barry, a chaleureusement accueilli la délégation, exprimant sa gratitude pour le choix de leur site. Il a remercié le ministère pour l’accompagnement constant dont ils bénéficient, ainsi que l’AGC et toutes les faîtières présentes. Monsieur le Coordonnateur d’AGC a également remercié le promoteur et son équipe pour leur disponibilité. Il a partagé l’objectif de cette démarche, qui consiste à montrer aux acteurs des pratiques responsables afin d’inciter à la formalisation.

Après les Ă©changes prĂ©liminaires, le reprĂ©sentant de la sociĂ©tĂ© a permis Ă  la dĂ©lĂ©gation de visiter le site. La visite a commencĂ© par un garage de collage, oĂą les techniciens s’occupent de l’entretien des roues des grosses machines utilisĂ©es sur le site. Pour les rĂ©parations techniques, des garages externes situĂ©s Ă  Ouagadougou sont mobilisĂ©s. Un garage de soudure, Ă©galement prĂ©sent sur le site, emploie des techniciens spĂ©cialisĂ©s pour la fabrication et la transformation de pièces selon les besoins spĂ©cifiques des opĂ©rations. Ces installations sont essentielles au bon fonctionnement des Ă©quipements mĂ©caniques. Pour le remplacement de pièces, les commandes ou achats nĂ©cessaires se font directement Ă  Ouagadougou ou ailleurs en cas de besoin. Ils collaborent avec Hage MatĂ©riaux, Burkina Équipement et d’autres prestataires.

En ce qui concerne les systèmes de traitement, le processus d’extraction de l’or dĂ©bute par l’extraction du minerai Ă  partir d’une fosse Ă  ciel ouvert pour l’excavation des gisements. Le minerai est ensuite concassĂ© et broyĂ© pour rĂ©duire sa taille et libĂ©rer les particules d’or. La concentration de l’or s’effectue par flottation, utilisant des rĂ©actifs chimiques, et par sĂ©paration gravitaire, exploitant les diffĂ©rences de densitĂ©. L’extraction de l’or se fait principalement par cyanuration, oĂą l’or est dissous dans une solution de cyanure, suivie d’une rĂ©cupĂ©ration par prĂ©cipitation avec du zinc ou du charbon actif. Sur ce site, c’est le charbon actif qui est utilisĂ©.

Au cours de la visite, plusieurs machines ont Ă©tĂ© observĂ©es, notamment une foreuse Ă  percussion Ă©quipĂ©e d’un compresseur pour le sondage. Un marteau-piqueur, dont le rĂ´le est de briser les roches et d’extraire le minerai, sert aussi Ă  creuser des galeries et Ă  dĂ©molir des structures rocheuses dans des espaces difficiles d’accès, facilitant ainsi l’extraction manuelle ou partiellement mĂ©canisĂ©e. La tractopelle, machine polyvalente combinant une pelle Ă  l’arrière et un chargeur Ă  l’avant, sert Ă  creuser, dĂ©placer des matĂ©riaux, charger des camions et niveler le terrain.

Le broyeur Ă  boulets, utilisĂ© pour broyer des matĂ©riaux solides en fines particules, constituĂ© d’un cylindre rotatif rempli de boulets (petites boules) qui frappent le matĂ©riau lorsqu’il tourne, provoquant sa fragmentation. Une dizaine de ces broyeurs est en activitĂ©s sur le site. Ă€ cĂ´tĂ©, se rĂ©alise le conditionnement du minerai broyĂ© dans des sacs de 50 kg qui seront acheminĂ©s dans les cuves de lixiviation. Cette activitĂ© est rĂ©alisĂ©e par des Ă©quipes de jeunes garçons.

Les cuves et bassins de lixiviation : Plusieurs cuves et bassins de grandes capacitĂ©s sont installĂ©es dans l’espace de traitement du minerai. Le minerai broyĂ© est traitĂ© par lixiviation, un procĂ©dĂ© utilisĂ© pour extraire des mĂ©taux d’un minerai en le dissolvant dans une solution cyanurĂ©e. La poudre est dĂ©posĂ©e dans les cuves, oĂą l’on y ajoute la solution cyanurĂ©e, qui traverse le minerai, dissout les mĂ©taux, et le liquide contenant les mĂ©taux dissous est rĂ©cupĂ©rĂ© pour traitement. Les mĂ©taux sont sĂ©parĂ©s de la boue.

La dĂ©lĂ©gation a Ă©galement visitĂ© la fosse d’extraction du minerai. Le reprĂ©sentant de la sociĂ©tĂ© a indiquĂ© que les tirs de dynamitage sont effectuĂ©s conformĂ©ment Ă  la rĂ©glementation, en prĂ©sence des agents de l’État chargĂ©s du suivi contrĂ´le. Ă€ proximitĂ© de la fosse, se situe une zone de traitement gravimĂ©trique par les sluices box. Cette tâche est rĂ©alisĂ©e par une Ă©quipe de plusieurs personnes composĂ©e d’hommes et femmes. Cette mĂ©thode de sĂ©paration des minĂ©raux utilise un canal inclinĂ© (gĂ©nĂ©ralement des planches posĂ©es sur des barriques de façon inclinĂ©e vers un bassin). Le système consiste Ă  utiliser de l’eau pour sĂ©parer les particules lourdes (comme l’or) des matĂ©riaux plus lĂ©gers. Le flux d’eau entraĂ®ne les matĂ©riaux lĂ©gers, tandis que les particules lourdes se dĂ©posent sur les tapis Ă©talĂ©s sur la planche.

Concernant les relations avec les communautĂ©s riveraines et les propriĂ©taires terriens, il a Ă©tĂ© constatĂ© que la SOMIF entretient de bonnes relations grâce Ă  un plan de dĂ©veloppement social mis en Ĺ“uvre par la sociĂ©tĂ©. Des concertations trimestrielles sont organisĂ©es entre les deux parties, et chaque annĂ©e, les propriĂ©taires terriens reçoivent une compensation financière (sorte de dividendes). De plus, des ouvrages sociaux ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s pour les communautĂ©s, incluant l’implantation de 9 forages d’eau, la construction de 3 Ă©coles, ainsi que divers soutiens pour des Ă©vĂ©nements sociaux et pour les Ă©lèves vulnĂ©rables. Des activitĂ©s de reboisement sont Ă©galement effectuĂ©es dans le village ou Ă  des emplacements dĂ©signĂ©s par les responsables communaux. Ces actions s’inscrivent dans une dĂ©marche de responsabilitĂ© sociĂ©tale des entreprises (RSE), soulignant l’engagement de la SOMIF envers le dĂ©veloppement durable et le bien-ĂŞtre des communautĂ©s.

Des questions sur les aspects techniques et la cohabitation sociale avec les riverains ont été débattues. Recommandations : Monsieur Barry exhorte les autorités à les accompagner davantage dans leurs activités car il y a des difficultés souvent pas faciles à surmonter.

Constat d l’AFEMIB : La prĂ©sence des femmes sur les sites semi-mĂ©canisĂ©s se limite Ă  des tâches de cuisine et de nettoyage, ce qui suscite des inquiĂ©tudes pour l’AFEMIB concernant leur reprĂ©sentativitĂ© dans ce secteur, notamment avec l’introduction de nouvelles technologies. Il est crucial que les promoteurs des sites et l’État mettent en place des politiques favorisant l’inclusion des femmes dans divers rĂ´les, au-delĂ  de ces tâches traditionnelles. Cela implique des programmes de formation pour dĂ©velopper leurs compĂ©tences techniques et de gestion, des conditions de travail adaptĂ©es, et un engagement envers la diversitĂ©. L’AFEMIB souligne Ă©galement l’importance pour l’État de fournir aux femmes des Ă©quipements adĂ©quats et des zones de travail dĂ©diĂ©es pour l’exploitation de l’or. Cela favorisera leur autonomie, leur inclusion dans le secteur minier et la crĂ©ation de nouvelles opportunitĂ©s Ă©conomiques. L’AFEMIB est prĂŞte pour accompagner les femmes Ă  s’organiser en coopĂ©ratives en vue de bĂ©nĂ©ficier de l’accompagnement de l’Etat.

L’AFEMIB tient à exprimer sa profonde gratitude à AGC pour cette initiative enrichissante, ainsi qu’au ministère des Mines pour son soutien constant. Nous remercions également toutes les faitières de l’artisanat minier et tous les participants à ce voyage d’immersion pour les bons moments partagés.

Un remerciement spĂ©cial Ă  l’endroit des responsables de la SOMIF, qui ont gĂ©nĂ©reusement partagĂ© leur savoir-faire avec d’autres acteurs. Leur engagement Ă  promouvoir le dĂ©veloppement Ă©conomique du Burkina Faso Ă  travers la mine semi-mĂ©canisĂ©e est vĂ©ritablement inspirant.

Merci Ă  tous pour votre contribution Ă  cette belle initiative !

Mme KABRE